Treize modèles cherchent une seule chose : quels élèves sont en train de décrocher, assez tôt pour qu'on puisse encore y faire quelque chose. Voici comment ils sont mesurés — y compris là où ils n'apportent presque rien.
Prédire en octobre et prédire en mai ne sont pas le même problème : en octobre, il n'y a presque rien à lire ; en mai, tout est déjà écrit. Un modèle unique serait excellent en fin d'année et inutile au début — exactement l'inverse de ce dont une école a besoin.
Janguinou en entraîne donc treize, chacun sur ce qui est réellement connu à son moment : avant le premier devoir, après le premier devoir, avant la composition, et ainsi de suite jusqu'au second semestre.
À chaque modèle est opposé un témoin : le classement obtenu en regardant seulement la moyenne pondérée, sans aucun apprentissage. La différence entre les deux est la seule réponse honnête à la question « est-ce vraiment de l'intelligence artificielle, ou un tableur déguisé ? »
Le gain se concentre au début de l'année, quand la moyenne ne dit pas encore grand-chose : jusqu'à +0,077 avant le premier devoir du second semestre. En fin d'année, l'addition est presque faite — nous ne prétendons pas y apporter grand-chose.
L'AUC mesure la capacité à classer correctement un élève en danger avant un élève qui ne l'est pas. 0,50 vaut le hasard ; 1,00 serait la perfection. La colonne « apport » compare le modèle au témoin : la moyenne pondérée, seule.
| Moment de l'année | AUC | Témoin | Apport | |
|---|---|---|---|---|
| Avant le 1er devoir, semestre 1 | 0,759 | — | pas de moyenne disponible | |
| Après le 1er devoir, semestre 1 | 0,852 | 0,827 | +0,025 | |
| Avant le 2e devoir, semestre 1 | 0,877 | 0,827 | +0,050 | |
| Après le 2e devoir, semestre 1 | 0,888 | 0,868 | +0,020 | |
| Avant la composition, semestre 1 | 0,880 | 0,868 | +0,012 | |
| Après la composition, semestre 1 | 0,889 | 0,878 | +0,011 | |
| Avant le 1er devoir, semestre 2 | 0,955 | 0,878 | +0,077 | |
| Après le 1er devoir, semestre 2 | 0,962 | 0,939 | +0,023 | |
| Avant le 2e devoir, semestre 2 | 0,986 | 0,939 | +0,047 | |
| Après le 2e devoir, semestre 2 | 0,990 | 0,981 | +0,009 | |
| Avant la composition, semestre 2 | 0,996 | 0,981 | +0,015 |
Mesures du 17 août 2026, sur les 1 086 dossiers de test. 54,9 % d'entre eux sont des élèves réellement en difficulté : le hasard n'obtiendrait pas ces scores.
Le coach ne devine pas. Il applique des règles écrites, que voici en entier — et il se tait quand aucune ne s'applique.
| Signal | Seuil |
|---|---|
| Moyenne sous la barre | 10/20 |
| L'absence commence à peser | 1 cours sur 5 |
| Décrochage, quelle que soit la moyenne | 2 cours sur 5 |
| Une matière décroche du reste | −3 pts |
| Chute d'un semestre à l'autre | −2 pts |
| Devoirs et compositions divergent | 2 pts |
| Des notes qui sautent | écart-type 3,5 |
Le vrai signal n'est pas « sous 10 » : c'est l'écart avec son propre niveau. Un élève à 14 de moyenne qui a 10 en mathématiques a un problème de mathématiques. Lui dire « aucune matière sous la moyenne » revient à ne rien dire.
Un élève qui gagne 1,5 point entre les semestres s'entend dire lequel, et pourquoi il faut l'écrire quelque part : c'est la méthode qu'il faudra reprendre l'an prochain. Un coach qui ne parle que des échecs finit par ne plus être lu.
La première version rendait deux phrases, toujours les mêmes. Mesuré sur de vrais dossiers : un élève à 14,1/20 qui manquait deux tiers de ses cours recevait « maintenir le rythme suffit » ; un élève tombé de 12,4 à 7,8 s'entendait conseiller de « reprendre les bases » dans sa moins mauvaise matière ; et tout le monde recevait « un échange avec le professeur principal aidera » — vrai pour n'importe qui, donc utile pour personne. Un parent qui lit ça deux fois ne le lit plus la troisième.
Une fausse alerte coûte cher : elle décrédibilise toutes les suivantes. Janguinou préfère se taire plutôt que deviner.
Tant qu'aucune évaluation n'existe, l'écran l'affiche franchement. Il ne fabrique pas un risque à partir de rien.
En fin de second semestre, la situation est connue. On affiche un constat direct : prédire ce qui est déjà arrivé n'a aucun intérêt.
Chaque estimation s'accompagne de ce qui l'a produite : le niveau des notes, leur évolution, l'assiduité. Un chiffre seul n'est pas une décision.
Ce n'est pas un verdict sur un enfant, et ce n'est pas un outil de sanction. C'est un ordre de priorité : par où commencer quand on a trente élèves et deux heures. La décision reste au professeur, au surveillant général et au directeur, qui connaissent l'élève — ce qu'aucun modèle ne fait.
Résultats obtenus, progression des classes, assiduité aux séances. Un indicateur d'aide à la décision pour la direction, pas une note de service.
Un professeur est comparé à lui-même dans ses autres classes — jamais à ses collègues, qui n'enseignent ni la même matière ni au même niveau.
Moyennes, dispersion, assiduité, évolution d'un devoir à l'autre : ce qui distingue une classe en difficulté d'une classe qui décroche.
Les modèles s'appliquent dès que les premières notes sont saisies. Aucun réglage à faire : ils savent déjà à quel moment de l'année ils se trouvent.